• Sente StasinetSente Stassinet entre 2 lacets de la route du Mesnil 

    Lorsque j'étais enfant, ma mère avait 3 cousines, soeurs, résidant toutes dans le village. Cécile habitait La Muette et nous lui rendions souvent visite lors de nos promenades ;  Alice habitait le chemin de Paris situé en contrebas de chez nous ;  puis enfin, Odette habitait, elle, un pavillon au crépis rose (rare, pour l'époque), entre deux lacets de la route du Mesnil. C'est à cette dernière, commerçante en chaussures sur les marchés, que mes souvenirs s'adressent. Lorsque j'avais besoin de nouvelles chaussures, plutôt que de perdre notre temps en essayage le jeudi matin sur le marché de Trappes,  ma mère m'emmenait chez Odette. Celle-ci nous faisait alors monter par un escalier raide et en bois dans son grenier, véritable caverne d'Ali Baba quant à la variété de modèles. L'été, placées directement sous la charpente, les boîtes qui s'empilaient sous les fermettes dégageaient une odeur chaude de carton, cuir et bois mélangés. Le pavillon n'a guère changé, du moins extérieurement, avec ses murs de couleur vieux rose devenue, depuis, très à la mode.


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  • mairieDu plus loin que je me souvienne, les images les plus anciennes du village- qui comptait en 1962, entre 700 et 800 habitants – sont celles de ma première rentrée scolaire à l’âge de 5 ans. Je rencontrai alors pour la première fois dans la cour de l’école, celle qui allait devenir et rester mon amie d’enfance, habitant à l’époque au hameau de Launay, à 1 km de la sortie du village en direction de Montfort l’Amaury.

    La cour située derrière le bâtiment qui accueillait à la fois l’école primaire et la mairie n’a guère changé depuis, avec ses tilleuls centenaires – nous allions, avec ma mère, chaque mois de juillet récolter les fleurs pour en faire des infusions -  et son préau qui abritait les récréations pluvieuses ainsi que la fête de fin d’année scolaire lors de la remise des prix (mon premier prix d’excellence fut un magnifique album illustré de Martine dont je fus très fière !).

    La classe préparatoire se tenait dans un autre bâtiment, au fond de la cour. Sa construction récente concordait avec l’installation d’une jeune institutrice venue de Bretagne pour renforcer la petite équipe constituée du directeur, en charge des cours moyens et, d’une autre institutrice, en charge des cours élémentaires ; tous deux plus âgés habitaient au premier étage de l’école-mairie. A noter que le directeur était aussi secrétaire de mairie et tenait, à ce titre, une permanence une ou deux fois par semaine, pendant l’étude assurée par son épouse.

    Chaque classe mixte, à double niveau, était équipée des traditionnelles tables en bois avec les bancs s’y rattachant et leurs petits trous creusés dans la masse permettant de recevoir les encriers, de l’estrade et du bureau de l’enseignant ainsi que d’un tableau noir ou vert au mur.

    Il paraît que ma sœur, plus âgée que moi de 11 années, m’avait appris à lire avant que je ne rentre à l’école, ce qui justifia mon passage direct en CE1 à 6 ans. J’emportai avec moi cette année d’avance jusqu’au baccalauréat.

    Mes souvenirs les plus précis se plaisent à raviver pendant les récréations les jeux à chat avec les garçons ou bien à la marelle et à la corde à sauter, mais uniquement entre filles. Le jour de congé était alors fixé au jeudi et nous avions classe le samedi matin : jour des compositions.  Je me souviens aussi de scènes épouvantables pendant lesquelles les jumeaux, un blond et un brun, très indisciplinés n’hésitaient pas à donner de grands coups de pieds chaussés de gros godillots, au maître vêtu de sa blouse grise et de son pantalon en velours côtelé.

    poissonAvant notre entrée en 6ème, le maître nous fit participer à une œuvre de peinture collective représentant un fond marin afin qu'elle soit exposée l’année suivante dans la classe. Je revois encore le magnifique poisson bleu et jaune que j’avais choisi de dessiner et de peindre .

    Une photo de ma classe en CM1-CM2 (je suis au 1er rang, 1ère place en partant de la gauche). 


                                                                                 Plan de l'école et de ses environs

    Plan école


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  • colline.jpg Vue à partir d'un tournant de la route du Mesnil

    A l’époque, il n’y avait pas de cantine scolaire, la plupart des femmes restaient au foyer et chaque élève rentrait donc chez lui pour déjeuner.  J’avais toujours quelques angoisses de rencontrer le « Négus » : on appelait ainsi un  ivrogne, souvent affalé en bord de chemin, dans le tournant isolé, longeant notre jardin. Litron de rouge à ses côtés, jambes empiétant largement sur la voie pierreuse, il n’était pas rare qu’il hurle ses injures d’homme ivre. Fort heureusement pour lui, le trafic automobile sur le chemin de la Coudriette était quasiment nul, notre maison étant la seule et unique sur le chemin.

    Je garde aussi en mémoire ma plus grande frayeur d’un samedi midi lorsqu’en sortant de classe, nous vîmes en direction de chez moi, d’immenses flammes et fumée s’élever dans le ciel . Je m’élançai en criant et pleurant,  pensant que l’incendie provenait de ma maison. Mais ma mère vint à ma rencontre pour me rassurer et me protéger de l’intense chaleur qui se dégageait de l’usine qui se situait en contrebas de notre chemin et qui était en feu,  entre la route de Montfort et le chemin de Paris.

    Le soir, à chaque fois que c’était possible, je faisais étape chez un couple de personnes âgées, parents de mon institutrice de cours élémentaire et que je considérais comme mes grands-parents. Dès mon plus jeune âge, j’avais pris l’habitude de passer de longs moments avec eux, les deux familles logeant à chaque bout d’une grande demeure. Je n’avais de cesse de leur réclamer des parties de dominos. Leur autre fille travaillait chez Lanvin et nous ramenait des chutes de tissu luxueux qui habillaient mes poupées.

    De temps en temps, j’accompagnai aussi ma sœur dans une des fermes du quartier du Mousseau (Ferme Gozé située en face de celle actuelle du Mousseau) pour chercher le lait frais. Nous empruntions alors le chemin des Vignes qui longe l’école, coupions en montant sur la gauche à travers champ pour rejoindre la route du Mesnil tout en lacets et couper à nouveau par la droite dans le prolongement de la sente Pierre Stassinet (ancien élu de la commune).

    Encore aujourd’hui lorsqu’on emprunte la route du Mesnil qui serpente du plateau de la ville nouvelle jusqu’au village encaissé au fond de la vallée, on se croirait presque en moyenne montagne ! 

     


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  • cimetière égliseAlors qu’auparavant, j’adorais l’école et que j’étais très bonne élève, mon passage en 6ème au lycée Mansart de Saint-Cyr-l’Ecole avec une année d’avance allait me faire basculer dans des résultats scolaires s'éloignant de l'excellence et dans le rejet de mes camarades de classe en raison de ma « jeunesse » que je trainerai comme un fardeau jusqu’en 1975 et d’un père, délégué de parents d’élèves qui s’opposa aux manifestations de mai 68 qui risquaient d’enrôler des enfants d’à peine 11 ans dans leurs filets.

    Par ailleurs, je commençai, l’hiver, à goûter les longues attentes, mains et pieds complètement engourdis par le froid,  aux arrêts de bus. A noter qu’il n’y avait pas d’abri à l’arrêt de la place du village et qu’il y avait un bon kilomètre à parcourir à pied entre l’arrêt de bus de Saint-Cyr jusqu’au lycée (il en sera de même un peu plus tard entre la gare routière de Versailles et mon lycée où j'effectuais ma Première et ma Terminale).

    Puis, survint un fait divers qui rendit  le village d’Elancourt célèbre : l’affaire Markovic. Le 1er octobre 1968, le corps décomposé de Stevan Markovic, enveloppé dans une housse de matelas, est retrouvé par un ferrailleur dans un lieu de décharge, en sortant du village, à gauche sur la route des Gâtines. L'homme est un ancien garde du corps, d'origine serbe, d’Alain Delon. La découverte fait grand bruit parmi les habitants du village, habituellement si calme. Et elle prend très vite une ampleur nationale lorsque le meurtre est rattaché à un complot politique.  L’affaire ne sera jamais élucidée. Stevan Markovic repose, me semble-t-il, dans le cimetière Saint-Médard.


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  • 1969 : côté culte à Elancourt VillageUne heure de catéchisme dispensé par le père Blanchard chaque jeudi matin dans la sacristie Saint-Médard. Les enfants d’Ergal (hameau de Jouars-Pontchartrain), -dont mon cousin germain- nous y rejoignaient. Nous avions bien du mal à nous tenir tranquilles assis en rangée sur des bancs sans dosserets. Le père Blanchard, ancien missionnaire de Madagascar, manquait un peu d’autorité et nous le chahutions  assez souvent.  En revanche, lorsque nous dépassions les bornes, il ne manquait jamais de lancer sa petite phrase assassine à ceux et celles qui le méritaient : « Toi, je ne t’ai pas vu, dimanche dernier, à la messe ! » J’y allais donc régulièrement pendant que mes parents faisaient leur marché à Trappes.
    Puis vint le jour de la communion solennelle, en 1969. L’aube que je portais, toute brodée, m’avait été prêtée pour l’occasion par des amis de notre famille. Ma mère m’avait tricoté un boléro, au cas où il ferait frais ce jour-là ; plus de quarante ans après, je l’ai encore dans ma garde-robe ! La procession partait de la Hermanderie (Je suis en première position sur la gauche) pour atteindre la place de l’église, 200m plus loin.

    10 ans plus tard, en 1979, le cortège de mon mariage partait dans le sens opposé, de l’église jusqu’à chez mes parents, chemin de la Coudriette, où se déroulait le vin d’honneur. Pour ce qui est du mariage civil, il eut lieu, à mon plus grand regret, au nouvel Hôtel de ville des 7 mares, trop moderne à mon goût.

     


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