• commerces.jpg

    Malgré sa petitesse, le village comptait 5 commerces : un café-tabac sur la place de l’église qui a disparu, un bar- restaurant qui existe toujours dans la rue principale, avec dans son prolongement une boulangerie qui n’existe plus, en face, l’épicerie « Lamontagne » qui a été transformée pour un temps en agence immobilière et une boucherie qui n’existe plus, un peu plus loin sur la gauche, en allant vers la mairie.

    Il fallait monter 2 ou 3 marches pour entrer dans la boutique « Lamontagne »pleine à craquer des denrées les plus diverses. Ceux et celles qui s’intéressent aux anciennes cartes postales du village et de ses alentours remarqueront qu’elles sont souvent signées de ce nom.

    Puis, il y avait à Trappes le grand marché, le jeudi et le dimanche matin. J’y allais le jeudi avec ma mère par l’autocar Perrier qui partait de la place vers 10h et dans lequel je retrouvais, avec la plus grande joie, mon amie de Launay, accompagnée de sa mère qui, elles, devaient venir à pied jusqu’à la place. Pour le retour, nous avions le choix entre les 2 horaires de 11h30 et 12h, l’un étant assuré par la ligne Gaubert de Versailles à Montfort l’Amaury et qui possédait un arrêt au hameau de Launay, l’autre (Perrier) ayant son terminus sur la place du village.

    Le marché s’étalait sur la grande esplanade devant la mairie et le collège de Trappes ainsi qu’en « couvert » dans l’un de ses bâtiments. C’était l’occasion d’acheter les fruits et légumes et le poisson puis de flâner devant les camelots et d’acheter quelques vêtements. Mais en règle générale, nous devions, pour ceux-ci, aller jusqu’à Versailles. En revanche, Trappes était pourvu d’un maroquinier et d’un coiffeur.

     


    votre commentaire
  • Au hameau de Launay : les Salicales  Au hameau de Launay : les Salicales

    La longère vue du jardin      La cabane dans le parc
    (photos de mon amie d'enfance)

    C’est une grande demeure tout au bout du chemin de Launay. Je l’ai connue lorsque j’avais 5 ans et m’y rendais encore quand j’en avais 20. Y vivaient la grand-mère, les parents et leurs trois filles, dont mon amie. Combien de fois aurais-je parcouru, à pied et par tous les temps, le bon kilomètre qui m’en séparait, sur le chemin de Paris sablonneux, ancienne voie romaine, et sur lequel je retrouvais mon amie à mi-chemin, en haut de la côte ? Lorsque le trajet ne suffisait pas à nos longs papotages, nous n’avions de cesse de nous raccompagner réciproquement.

    Vieille fermette rénovée, recouverte de vigne vierge qui prenait ses airs de caméléon à l’automne. Odeur particulière, mélangée de cuir et de bois brut, lorsqu’on rentrait par le salon avant d’isoler notre jeunesse dans le bureau avec sa grande cheminée. De longs après-midis de bavardage et de musique, sans oublier le goût spécial du quatre heures fait de pain frais beurré, de chocolat belge et de coca-cola.

    L’été, c’était nos escapades dans ce qu’on appelait la cabane dans la partie du parc laissée en friche, à proximité du bois et qui permettait d’héberger les invités supplémentaires de la famille. Pour l’atteindre, nous étions contraints de sauter les ruisselets qui alimentaient la mare aux canards, située au fond de la partie domestiquée du jardin.

    Il y a bien longtemps que je ne suis repassée devant cette jolie propriété. Notre âge a presque triplé depuis… et je ne pourrai plus retrouver la chaleur qui régnait aux Salicales qui furent vendues il y a une quinzaine d’années.

    Aujourd'hui 29 août 2011, lors d'une randonnée, j'ai pu revoir la longère à partir du chemin de Paris. Si j'ai bien reconnu la maison et sa vigne vierge, le parc où se nichait notre cabane accueille maintenant de nouvelles maisons.

     


    votre commentaire
  • Ancienne infirmerie                           De nos jours                                    Dans les années 1960

    Fondation Mequignon  Mequignon1960

    Chapelle dans la colline boisée                         Photo M.Vassal - Imp. La Gutenberg, Versailles

    Native d’Elancourt Village  avant qu’il ne soit absorbé par la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines dans les années 1970, ma mère a bien connu la fondation Méquignon qui était, dans l’entre deux guerres, un orphelinat de garçons administré par des religieux. Grâce à ses bienfaiteurs, l’établissement était fleurissant avec, entre autres, son moulin et sa boulangerie ; extrait de la brochure réalisée en 1959 à l’occasion du centenaire de la fondation :

    « Et toi, petit moulin, si vieux et si vivant, dont le tic-tac était comme le pouls de notre cité, te voilà muet. Ta chanson ne nous bercera plus. Les mânes de tes célèbres et pittoresques meuniers errent désormais inquiètes de cette soudaine solitude et de ce mortel silence. Tu n’as pas été épargné, tiède et laborieux fournil ; adieu blanche farine apportée chaque jeudi du moulin ; adieu douce chaleur, le four est mort ; adieu petite lumière qui veillait la nuit sur la cuisson des pains ; adieu petits grillons…. Adieu vieux souvenirs liés à ces lieux coutumiers et aimés… vous êtes le passé. Un intrus qu’on appelle le progrès a mis fin à votre règne, mais cet intrus ne nous fera pas oublier que vous fûtes de bons serviteurs et les témoins de dévouements nombreux et cachés et, aussi, d’épisodes pleins de saveur. Le 20 novembre, vous êtes entrés au royaume des antiquités.»

    Il y a un demi-siècle, le PROGRES faisait déjà ses ravages !

    Pour ma part, j’ai trois souvenirs d’enfance liés à la fondation Méquignon :

    1)     Lorsque j’étais petite fille, j’étais souvent malade et le seul remède ordonné par notre médecin de famille de Trappes était des piqures de pénicilline. Grande chance : les habitants d'Elancourt pouvaient bénéficier des services de l’infirmerie de la fondation Méquignon, située dans le pavillon de droite à l’entrée du parc. Et je revois très bien la Sœur (Marie-Jeanne, me semble-t-il, mais ce n’est pas certain), grande, robuste sous sa robe et sa cornette de religieuse, essayant d’amadouer de son large sourire l’enfant que j’étais, avec sa grande aiguille à la main qu’elle allait bientôt me planter dans la fesse. Pourtant, elle était probablement gentille, la Sœur Marie-Jeanne !

    2)     Contrairement à ma sœur, plus âgée que moi, je ne faisais pas ma communion solennelle à la fondation Méquignon dont la chapelle fut fermée, mais à l’église Saint-Médard du village. En revanche, le prêtre Blanchard, ancien missionnaire à Madagascar, logeait, dans les années 1960, dans les appartements attenants à l’ancien moulin (à gauche de l’entrée principale),Tous les ans, une kermesse de printemps était organisée dans l’immense cour ombragée devant l’orphelinat. Et je me revois très bien tirer au sort dans les corbeilles que faisaient circuler les bénévoles, les minuscules rouleaux très serrés de papier rose dédiés à la tombola, prometteuse de cadeaux des plus ringards qui soient mais, tellement merveilleux aux yeux des enfants que nous étions !

    3)     Un peu plus tard, lorsque j’étais adolescente, l’établissement devint laïc et mixte. Il n’était pas rare, une à deux fois par semaine, de voir se promener des groupes  de garçons et filles accompagnés de leur moniteur devant notre maison. Ma mère avait alors pour habitude, lorsque le temps le permettait, d’étendre le linge sur des fils dans notre jardin. Et ce ne fut pas rare non plus, de voir disparaître, quelques-uns de mes sous vêtements… Sans aucune rancune !

    Les 150 ans de la fondation furent fêtés en 2009.
    Puis, il y a 4 ou 5 ans environ, la chapelle a ouvert exceptionnellement ses portes pour servir de décor somptueux à un laboratoire d’anthropologie d’une série télévisée française.

     


    4 commentaires
  • Allée de FrécambeauMoulin de Frécambeau  
         Allée pour atteindre l'ancien moulin

    J’aimais quand j’étais adolescente dans les années 70, entrer chez moi, à Elancourt Village, bien plus tard que midi, le mercredi, après mes cours. A l’époque, j’étais lycéenne à Versailles et l’autocar en direction de Montfortl’Amaury qui me ramenait  à Elancourt me déposait à 14h . Ma mère qui avait déjà déjeuné, me tenait compagnie dans la cuisine alors que je dégustais la traditionnelle tranche de foie, vinaigrée et persillée, qui me faisait pourtant horreur dans ma petite enfance. Maman me racontait Frécambeau et je pouvais rester des heures à l’écouter plutôt que de faire mes devoirs !

    Frécambeau, c'était une grande propriété, au pied d'une colline boisée entre Ergal (hameau de Jouars-Pontchartrain) et Elancourt. C'était également un merveilleux souvenir de jeunesse dont elle me parlait et que je ne pense pas,les années passant, avoir transformé. Aube de la seconde guerre mondiale : ma mère avait 16 ans et travaillait à Frécambeau.

    De mémoire, les propriétaires du moulin au début de la guerre de 39-40 faisaient partie de la haute société.  Monsieur se rendait régulièrement à la capitale pour vendre sa production de farine spéciale dont il avait inventé la composition. Il était de dix années plus jeune que Madame. Pour entretenir la demeure, le personnel était en nombre. A cette époque tourmentée, les employés de maison avaient beaucoup de chance,  car Madame, au plus grand désespoir de son époux, était une grande fumeuse et n’hésitait pas à échanger les rations de cigarettes de ceux ou celles qui ne fumaient pas, contre la denrée très appréciée qu’elle possédait : le beurre.

    Que de douceur et de rires dans cet ancien moulin, au bord de son étang…

    La propriété passa à la fin de la guerre en d’autres mains. Ce fut le tour de ma tante d’Ergal, soeur de mon père, d’y travailler dans les années 70. Le moulin n'existe plus aujourd'hui !  Et moi, qui n’avais jamais osé franchir la limite imposée par la pancarte « propriété privée » lorsqu'il était encore une demeure fleurissante, j'y fis une intrusion rapide  lors d'une randonnée en 2008 et saisis quelques images de tags qui m'attristèrent... 


    5 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique