• Récit intime : amour de jeunesse de 1977

    Lors de ma petite randonnée d'hier, nous avons évoqué, entre 2 amies, nos amours de jeunesse. En ce dimanche, je viens de passer une excellente journée en compagnie de mon amie d'enfance. Cela faisait quelques mois que je devais lui rendre 2 de ses albums photos de la fin des années 70. C'est aujourd'hui chose faite après avoir scanner quelques clichés de nos vacances communes en 1977 à Corfou. Extrait du livre non publié "Et si on voyageait à la maison"- Confidences Estivales 2015 :

     

    GRECE – Corfou : 2 vases, un pendentif, une bague en argent et pierres de grenat 

    Elle me dit que ces objets ont été acquis dans des échoppes situées sous les arcades d’influence vénitienne de la ville de Corfou (Kerkyra). Elle a offert le plus grand vase à ses parents au retour de ses vacances et l'a récupéré à leur décès. 

    Elle a 20 ans et c’est la première fois qu’elle prend l’avion, nous sommes en août 1977. Etudiante, elle a travaillé au mois de juillet pour pouvoir payer ce séjour de 3 semaines au Club Méditerranée de Corfou, en village de cases et en compagnie de 2 amies qui elles, sont déjà dans la vie active. Selon mes recherches sur Internet, le village Ipsos a fermé ses portes en 2004.

     

    Annonce sur les ondes françaises du 16 juillet 1977, 2 semaines avant son départ : le club Méditerranée de Corfou a été le théâtre d’un hold-up. L’un des GO (Gentil Organisateur) est mort en poursuivant les malfaiteurs. L’évènement la perturbe.

     

    L’atterrissage à Corfou est impressionnant ; l’avion frôle la mer ! Elle se fait par ailleurs tout un cinéma autour de leur arrivée sur le ponton du club où les GO prennent un malin plaisir à faire passer les GM (Gentils Membres) tout habillés sous une douche. Et puis, elle se souvient des cases dont les portes se ferment à l’aide d’un simple loquet et dont le sol en ciment est séparé des murs par quelques centimètres de vide laissant ainsi libre cours aux lézards et autres reptiles ! Et les sanitaires qui ne possèdent pas de toit mais qui, au milieu des massifs de fleurs, éclatent de leur blancheur immaculée sous le soleil de plomb. Et les buffets ornés de fleurs, de fruits, tous plus appétissants les uns que les autres, les immenses vasques de fromage blanc dont elle se nourrira presqu’exclusivement pendant son séjour. Et les colliers bar lui permettant d’acheter des jus de fruits et des cocktails contre quelques perles. Et les cours de sirtaki qu’elle suit en cœur après le repas de midi en plein air dans l’amphithéâtre. Et les fabuleux spectacles donnés par les GO au même endroit le soir après dîner. Et les siestes sur la plage afin de rattraper son retard de sommeil. Et ce beau jeune homme qu’elle rencontrera aux trois quart de son séjour, à elle, et à la fin du sien, à lui. C’est en sa compagnie au night club qu’elle apprendra le décès d’Elvis Presley, le 16 août 1977.

     

    Les excursions sont en sus du prix du séjour. Faute de finances et à son plus grand regret, elles ne seront pas nombreuses. Quelques allers et retours en bateau à Kerkyra pour faire des emplettes et goûter un peu à la vie locale ; les pêcheurs travaillent à leurs filets sur le port, les chauffeurs de taxi ne respectent pas les feux tricolores. Elle aime l’architecture des arcades d’influence vénitienne, elle admire la presqu’île de Vlachernes sur laquelle est édifié un blanc monastère et elle pense à l’impératrice Sissi qui est venue trouver le repos pas très loin d’ici. Une journée en autocar dans les montagnes dont elle n’a qu’un vague souvenir, peut-être parce qu’elle est tout simplement amoureuse… En revanche, elle garde des images plus précises du repas du soir en musique dans un village, à la fraicheur d’une tonnelle de vigne. L’ouzo coule pur et volontiers à l’apéritif et la traditionnelle moussaka est délicieuse.

    La dernière semaine s'écoule doucement sans son amoureux alors que les jours précédents, ils nageaient ensemble loin, loin au large, dans une eau chaude et claire. "J'aimerais tant voir Syracuse..." Wunderbar (merveilleux), disait-il. Elle le trouve trop beau pour elle. Il est alsacien, son accent est charmant, il est blond aux yeux bleu foncé... Elle n'imagine pas qu'il reprendra contact avec elle dès qu'elle sera de retour en France. Il fait même des kilomètres pour venir la voir un week-end de septembre. Elle lui montrera Versailles, ils iront danser le samedi soir. Malgré la rupture qui viendra d'elle, due en partie à l'éloignement, il lui écrira une carte de vœux pour l'année 1978 ; elle n'y répondra pas. Elle ne portera plus son paréo rose acquis au club, elle l'abandonnera dans son armoire et s'en dessaisira quelques temps plus tard... Elle laissera chez ses parents le service à vin alsacien qu'il lui a offert ; au début de nos entretiens, elle ne sait plus ce qu'il est devenu.

    Elle a conservé une carte de vœux de 1978 dans son enveloppe sur laquelle figure l’adresse postale de son GM alsacien. Je retrouve l’adresse sur Google, et peut même visionner une photo de la maison au nom d’une femme éponyme : sa femme ? sa mère ? une sœur ? une tante ?

     

    Récit intime : amour de jeunesse de 1977

     

    Elle se demande ce qu’il est devenu, est-il toujours aussi beau ? Le temps ne l’a-t-il pas trop abimé ? Et elle, saurait-elle encore le séduire ? Elle se demande ce qu’aurait été sa vie auprès de lui si elle n’avait pas fait le choix de stopper leur liaison. Elle regrette d’avoir rompu de si laide manière au téléphone, elle n’a pas été à la hauteur de leur jolie histoire naissante.  Aurait-elle trouvé en lui l’amour, des valeurs et des centres d’intérêts communs ? Leur relation aurait-elle tenu le choc des années comme celle avec son mari ? Aurait-elle été aussi heureuse qu’elle l’est aujourd’hui ? Elle espère qu'il est également  heureux et elle me le dit avec quelques petites larmes au fond des yeux. S’il est encore vivant - on ne sait jamais car elle a déjà perdu un ami proche du même âge – a-t-il cherché à la retrouver comme je viens de le faire ?

     

    Peut-être ne se rappelle-t-il plus d’elle, s’interroge-t-elle ? Je lui réponds que c’est impossible : on n’oublie pas une première visite du château de Versailles ! À la fin de nos entretiens, elle se souvient que le service à vin qu’il lui avait offert il y a presque 40 ans a trouvé une seconde vie chez sa sœur lors de la vente de la maison de leurs parents.  

     

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